Beau temps. Pour l’instant nous avons de la chance, les ponchos ne sont pas sortis des sacs..
Lever à 6h.
Petit déjeuner copieux à 7h. La patronne nous amène en voiture au départ des pistes (cela nous fait gagner environ 30 mn).
Départ à 7h50. Pour l’instant tout va bien malgré une légère indisposition cette nuit. Nous nous élevons par un bon sentier en forêt vers le col du Blainon (8h55, 2011 m) où nous retrouvons les deux belges qui font sécher leur tente. Ils ont passer la nuit quelque part dans la forêt. Nous cueillons de nouveau de la lavande en descendant sur le hameau de Roya (10h05, 1500m) où nous remplissons les gourdes à la fontaine.

Nous ne voyons pas la tente mise à disposition par la commune pour les randonneurs et où devrait s'arrêter cette nuit le Colonel (cette tente sera remplacée, à partir de 2003, par un gîte -voir épilogue-). Nous descendons toujours , traversons un pont (10h20, 1465 m), et entreprenons la longue montée vers le col de Crousette (indiqué à 3h50).
Au début tout va bien, il fait bon, on est à l’abri dans la forêt, et les jambes sont bonnes. Mais petit à petit les conséquences de l’eau glacée de la veille se font sentir. Froid, transpiration, envie de vomir, fatigue. Cela va passer. On passe à une maison de berger (11h55, sans doute 1955 m) et l’on s’arrête un peu plus loin pour le repas (pas pour moi qui ne peut rien avaler). Le vent s’est levé et il fait frisquet. Nous trouvons une source un peu plus loin. Nous repartons à 13h. Je n’en vois plus le bout. Le col Crousette est atteint à 14h50 et il faut encore monter à la stèle Valette à 2587 m.

Le calvaire. Plus moyen de mettre un pied devant l’autre et pourtant ! Nous y passons à 15h15 (comme Marignan mais, en ce qui me concerne, cela ressemble plutôt à une défaite) et nous entreprenons la descente. C’est encore pire que la montée. Même les bras n’arrivent plus à me soutenir. Il nous faudra presque deux heures pour atteindre le col de Moulinès (17h20, 1982 m). Nous pensons qu’ils ne nous reste plus qu’une longue traversée pour atteindre le gîte. Mais nous descendons encore et toujours pour arriver au vallon de la Gourgette (1755 m) où nous trouvons un berger, en train de somnoler, qui nous indique le chemin en nous montrant le passage situé presque à 2000 m. Montée diabolique.
Il est déjà 18h30 et nous devrions être arrivés depuis longtemps. Heureusement que mes deux coéquipières, fatiguées aussi sans doute, me houspillent et me font avancer ( elles ne sont pas aller jusqu’à me donner des coups de bâton mais elles ont du y penser j’en suis sûr) car, sans elle, je crois que je me serais couché sur le bord du chemin. Nous sortons enfin aux Portes de Longon (19h15, 1952 m) et Alice prends les devants pour prévenir la gardienne du gîte que nous arriverons très en retard.

Je pense à LOMBARD dans son 8000 m. peut être a t’il ressenti les mêmes choses dans l’ultime montée ? Heureusement bientôt je vois le toit de la ferme où nous arrivons finalement à plus de 20h.
Il me faudra un bon moment pour récupérer et aller dîner. Nous sommes heureusement les seuls dans le refuge, vieille ferme restaurée. Les bêtes sont dans les alpages aux alentours. Au menu ce soir là l’appétit n’y était pas : soupe de légumes, gratin, saucisses, fromage, gâteau au chocolat. Couchés de suite à 21 h. Ce soir pas de douche. Heureusement que demain nous avions prévu une petite étape pour nous reposer !
Durée totale de l’étape : 12h10 au lieu des 9h25 prévues.
Pas de chèques-vacances.
Le portable ne passe pas.