Grand beau le matin puis soleil voilé, nuageux.
Petit déjeuner à 7h30.

Départ 8h (1096 m) pour une descente raide jusqu’à Saint Sauveur sur Tinée (9h, 496 m). Après avoir traversé tout le village par sa rue centrale, nous remontons sur l’autre versant par route et sentier jusqu’à Rimplas (10h50, 1016 m). En chemin nous rencontrons une famille en train de cueillir des prunes (devenues sauvages suite à l’arrêt des cultures). Il fait toujours aussi chaud. La fontaine de Rimplas est la bienvenue. Nous nous arrêtons quelques instants dans un parc à proximité.
Nous repartons à 11h25. Un peu plus loin, à la jonction de deux pistes forestières nous prenons celle en aval (les balises sont un peu effacées), puis le sentier qui nous fait perdre pas mal d’altitude. Nous traversons un ruisseau et empruntons ensuite le raidillon, parmi les châtaigniers, qui nous conduira à Bolline. La chaleur est étouffante, nous sommes trempés de transpiration et nous décidons de nous arrêter quelques instants. Nous passons à proximité de Bolline (995m). Le temps est de plus en plus lourd, le tonnerre gronde et nous accélérons le pas. Nous continuons sur le CD2565, passons à proximité de magnifiques villas et entrons dans Saint Dalmas Valdeblore (14h45, 1290 m). Après avoir passé le pont nous voyons sur la gauche les balises du GR52 en direction de Veillos. Ce sera pour demain, à chaque jour suffit sa peine.
L’orage s’abat alors que nous sommes à la recherche du gîte. Nous nous abritons sous un porche. Des trombes d’eau tombent et les rues en pente deviennent de vrais ruisseaux. On attend l’accalmie qui tarde à venir. Les deux femmes, impatientes, sortent les ponchos (pour la première fois) des sacs et se mettent à la recherche de notre refuge. Moi je m’abrite dans une église toute proche et sans doute que mes prières fonctionnent puisque le temps se calme et la pluie cesse. Le gîte se situe à droite avant le tabac, dans une zone piétonne. Il est désert, nous trouvons notre nom sur une porte de dortoir avec un mot nous disant de nous installer. Il est 15h40.

Nous sommes en train de procéder au rituel (douches, pansements avec en plus aujourd’hui séchage des affaires mouillées par l’orage) alors que le Colonel arrive. Il n’a pas eu notre chance, l’orage s’est abattu sur lui alors qu’il n’avait aucun abri. Il est trempé. Nous partons faire les courses et retournons à l’église faire une prière pour les jours à venir.
Lorsque nous revenons au gîte, les gérants sont arrivés. Il y a deux suisses qui arrivent de Zurich à vélo et vont jusqu’à Nice et également des motards qui préfèrent ce soit dormir à l’abri plutôt que sous la tente.
Le Colonel nous explique son périple depuis que l’on s’est quitté à Boussieyas. Il a couché à Saint Etienne du Tinée le 26 à l’hôtel car le gîte ouvrait à 17h et pas avant!! Puis le 27, après avoir pris les deux télésièges (celui de Saint Etienne sur Tinée et celui d’Auron) il a dormi à Roya sous la tente en passant une nuit d’enfer. Uniquement des brancard de l’armée pour lits, aux quatre vents, pas de sanitaires, pas de couvertures. Il a gelé toute la nuit sans rien à manger. Pour comble, très tôt le matin, une horde de chiens est entrée sous la tente avec des intentions évidentes de le mettre dehors . C’est ce qu’il a fait au petit jour, préférant marcher plutôt qu’avoir froid. En écoutant son récit j’avais déjà beaucoup moins de regret quand à notre étape gastro/calvaire. Il a couché aux Gîtes de Longon le 28. La gardienne lui a expliqué ma mésaventure et il était déjà au courant de tout. Aujourd’hui il était à Bolline lorsque l’orage a éclaté et l’a trempé des pieds à la tête.
Le gérant du gîte, monsieur Lorenzo (ou Laurenzo je ne sais plus) GAROFALO est un sacré numéro. Rien que lui vaut le détour. Une verve sans détour, avec l’accent italien des gens du cru . Il nous aura bien fait rire. Il me donnera, avec le Colonel, une excellente leçon de topographie et de lecture de cartes d’état-major. Après le repas il nous conviera à une visite guidée du village ancien avec ses petites ruelles. Bravo.
Au menu : tomates/haricots verts, escalope de dinde, gratin, salade de fruits, vin et café non compris. Nous goûtons au rosé avec le Colonel.
Demain nous quittons le GR5 pour le GR52 en direction de Sospel.
Durée de l’étape (sans compter l’abri sous la pluie): environ 7h
Pas de chèques vacances.
Portable ok.