Samedi 3 août : Nous rentrons à la maison. Nous avions prévu de partir à 12h40 mais, comme la correspondance à Cunéo n’est que de 5 mn (si nous la manquons il n’y a plus rien avant le lendemain matin), nous décidons d’aller voir à la gare s’il n’y a pas d’autres horaires.
Effectivement un train part à 10h. Nous décidons de le prendre. Dommage nous n’aurons pas le temps de retourner nous baigner. Nous allons à l’hôtel prendre nos sacs. Départ pour Cunéo, puis Turin (avec un transbordement en autobus car la voie de chemin de fer est en travaux) et, enfin, Bardonnèche.
Des amis nous attendent en voiture et nous rentrons à Bramans via le tunnel du Fréjus (après demain j'y reviens au boulot !).
Epilogue : Six mois plus tard tous les mauvais souvenirs sont oubliés. Il ne reste que les paysages, les rencontres et, surtout, la joie d’avoir réussi, d’être arrivés au but fixé. Notre randonnée, planifiée et programmée depuis longtemps, a été dure, certes, mais au combien enrichissante et motivante.
Certains diront que nous ne sommes pas de vrais randonneurs avec tente, sacs de couchage, réchauds et tout, et tout. Ils n’ont peut être pas cinquante ans révolus car, à cet âge, sans être encore des vieillards, le pas est plus lent et la récupération après l’effort se fait moins rapidement qu’à vingt ans.
Le choix, lors de la préparation, a surtout été dicté par les délais imposés. Nous n’avions que quinze jours de congés et pas un de plus. Il nous fallait donc nous adapter et adapter notre itinéraire en conséquence. Nous n’aurions jamais pu couvrir la même distance avec tout le barda de camping en plus dans nos sacs. Jamais. Evidemment si nous avions eu deux mois de congés les choses auraient été toutes différentes et nous aurions certainement opté pour cette deuxième solution plus libre et indépendante. En outre nous n’avions jamais (à part un tour du Mont Blanc il y a déjà bien longtemps) entrepris une telle randonnée de quinze jours. Chaque formule a ses avantages et inconvénients, à chacun de décider en fonction de ses critères propres.
Nous avons planifier l’itinéraire et réserver les gîtes deux mois à l’avance ce qui parait être un délai correct pour ne pas subir d’impair. Le Colonel, qui lui n’était pas contraint par des délais, réservait la veille pour le lendemain (quelquefois il arrivait même sans prévenir) et il n’a jamais eu de problème. Si le matin il faisait mauvais temps il restait couché et flânait autour du refuge pour repartir dès qu’il faisait beau. Encore une autre forme de découverte de la nature.
L’avantage de coucher (et manger) en refuge est, outre le sommeil à peu près correct (ce qui a été toujours le cas), la prise assurée de deux repas copieux par jour. Ce qui permet (normalement) de s’alléger au maximum et, en ordonnant ses ravitaillements, on arrive à limiter grandement le poids de sa nourriture journalière. Cela n’a pas été notre cas puisque nous sommes partis avec pratiquement six jours de nourriture dans les sacs. Erreur de débutants qui nous a fait démarrer le parcours avec des sacs bien trop lourds.
Le poids, quelle question importante pour un randonneur. Quand on pense que notre marche a duré réellement (en tenant compte des nombreuses pauses) 130 heures, nous pouvons dire, sans entrer dans des formules mathématiques compliquées, que transporter un kilo en poids superflu pendant ces 130 h équivaut, en terme d’effort,à transporter 130 kg pendant une heure. De quoi faire réfléchir en préparant les sacs. Pensez y vous qui allez peut être partir cet été. N’hésitez pas à alléger au maximum vos sacs tout d’abord en se répartissant les charges (pas d’affaires communes en double ou triple), ensuite en privilégiant les effets légers ou jetables. Ne tombez pas non plus dans l'extrême n emmenant avec vous un seul tee-shirt et une seule paire de chaussettes !
Le minimum d’affaires personnelles qui me parait
raisonnable pour une randonnée de plusieurs jours pourrait se
résumé ainsi (tout ça à titre personnel
et au vu de notre petite expérience bien sur) :
Bien entendu une bonne paires de chaussures de montagne (dûment
essayées auparavant) et deux bâtons télescopiques
(pour ceux qui n’ont pas l’habitude, essayez et vous serez convaincu
surtout lors des descentes dans la caillasse)
Trois sous-vêtement de rechange (un sur soi, un qui
sèche sur le sac et un propre dans le sac) Deux pantalons de
marche (on ne sait jamais une déchirure est vite
arrivée)
Un sweat et une veste polaire ou veste de montagne
équivalente
Un k-way complet (veste et pantalon) à mettre seul ou sous le
poncho ce qui évite d’avoir les pantalons trempés
Un poncho (c’est lourd j’en conviens et nous nous en sommes
très peu servis mais imaginons que nous ayons eu une semaine
de pluie !)
Un grand sac poubelles (robuste) dans lequel vous pourrez mettre vos
affaires en cas de pluie ininterrompue sur plusieurs jours. Ce qui
permettra, même avec un sac à dos trempé, de
conserver l'intérieur au sec. Beau temps oblige, nous ne nous
en sommes pas servis.
Un sac à viande pour les refuges et un pyjama
Un bonnet, chapeau ou casquette, lunettes de soleil, gourde (de 1L
minimum)
Une paire de chaussures de détente les plus
légères possible (tennis en toile)
Serviettes de toilettes, gant, mouchoirs et lampe
électrique
Ensuite l’équipe peut se partager le reste.
Par exemple :
Le premier prend à sa charge (c’est le cas de le dire) la
pharmacie. Ne pas hésiter à emporter plus que le
nécessaire : ciseaux, pansements pour ampoules, pommades
contre les coups de soleil, désinfectant et pansements divers
pour plaie, comprimés pour fièvre ou digestion
difficile, pommades pour coups ou courbatures (qui ne manqueront pas,
surtout les premiers jours), couvertures de survie, etc.
Un deuxième emporte tout ce qui est nécessaire à
la toilette et aux petites réparations des effets : le
même gel douche ou savon pour tout le monde, rasoir, mousse
à raser, gel ou lessive pour lavage des sous-vêtements,
crème solaire, nécessaire couture, scotch, lacets de
rechange, épingles, produit imperméabilisant pour
chaussures, pinces à linge (pour faire sécher les
affaires au soleil sur le sac), nettoyant lunettes, couteau,
ouvre-boîtes..
Un autre prend tout ce qui reste de collectif : appareil photo,
pellicules, piles de rechange, carnet de route, crayon, gomme,
cartes, topos, jumelles (pour nous c’est une habitude),
téléphone portable, tickets divers, chèques
vacances et vous trouverez encore à en ajouter c’est
sur.
Deux mots sur les topos n°531 (Modane/Larche)
et n°507 (Larche/Menton).
Excellents livres qui décrivent très bien
l’itinéraire (nous ne sommes égarés
–temporairement- qu’une seule fois) mais je leur accorderais
simplement deux reproches.
- Ils ne sont pas toujours à jour. Entre deux
éditions,des changements se font sur le terrain et ne sont pas
répertoriés. Rien ne vaut un coup de
téléphone pour confirmation d’ouverture de tel ou tel
commerce ou refuge. Pour exemple, lorsque nous sommes passés
à Roya -en cette année 2002, il n'y avait plus
d'hébergement. Ce qui nous a fait pousser -longue
étape- jusqu'aux gîtes de Longon (7h plus loin !).
Mais depuis 2003 un gîte s'est de
nouveau ouvert à Roya et permet de partager en deux cette
longue étape! Les nouveaux gérants sont Mélanie
Carbonneau et Mathieu Porcier, Gîte d'étape et
Restaurant Ma Vieille École, Roya, 06660 St-Étienne de
Tinée, 33 4 93 03 43 05.
Ou encore l’épicerie du
Boréon, point de ravitaillement des trois étapes
suivantes, qui est fermée depuis plusieurs années
(heureusement on peut prendre des casse croûtes dans les
refuges).
-Ils sont assez restrictifs quand à la largeur de
l’itinéraire décrit. Quelquefois il nous est
arrivé de passer à proximité de montagnes dont
on n'a pas retrouvé le nom sur les topos. Nous qui sommes
habitués à nommer les montagnes qui nous entourent nous
en avons eu quelque regrets. Il est également
déconseillé de se perdre en s’éloignant trop de
l’itinéraire balisé car il serait alors impossible de
se repérer (sauf en revenant sur ses pas) car vous ne saurez
plus identifier votre route sur ces topos. Il est vrai que, s’il
faudrait couvrir tout l’itinéraire en cartes au 50/000, il en
nécessiterait certainement plusieurs dizaines. Un grand merci,
d'ailleurs, à tous ceux qui balisent ce sentier de
randonnée (est ce des bénévoles, je ne sais
pas). A part sous le col de Dormillouse, tout le reste était
parfait, aussi bien les marques blanches et rouges, que les panneaux
(il est vrai que nous profitons, sur une grande partie, du balisage
du Parc du Mercantour).
Pour conclure : A refaire ces prochaines
années dans un autre endroit ou un autre pays, en mettant
à profit cette expérience positive, avec mes deux
compagnes bien entendu.
Quand à ceux qui voudraient et qui hésitent un seul
mot à leur dire : allez-y, foncez.