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Savoie-Haute Maurienne-Bramans | ||
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.Bramans se compose de deux villages, à un
kilomètre l'un de l'autre, d'un hameau (non
accessible en voiture l'hiver) et de chalets d'alpage. ![]() |
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Mes annotations personnelles sont en italique rouge.
Durée 9h15mn. Route de chars de Bramans à Planay 1h55mn. Sentier de montagnes de Planay à Giaglione 6h20. Grande route du Mont Cenis, de Giaglione à Suze 1h. Pour traverser le Col du Clapier un guide est nécessaire. La descente ne peut s'effectuer à dos de mulet. Prix à débattre.
Au sortir de la partie de Bramans, appelée la Combe, on remonte la rive g. du ruisseau de Saint Pierre (nommé de nos jours ruisseau d'Ambin), puis on franchit un de ses affluents, le Saint Bernard, descendu de la montagne pyramidale de Brameley ou Bramanet (Bramanette) qui dresse ses pentes boisées au S. et l'on tourne à g; pour gravir un petit contre fort. Du sommet de cette arête on jouit d'une vue agréable sur une partie de la vallée de l'Arc; du coté de l'O le bassin semble fermé par les rochers que domine le fort de l'Esseillon; à ses pieds on a Bramans; en face Aussois; au dessus des collines cultivées au N. la Roche Chavière lève sa tête toute chargée de glaciers.
Le départ s'est fait à 2h (du matin bien entendu). 40mn (2h40mn). Après avoir abandonné la grand route, on laisse à g. la jolie chapelle de Notre Dame de la Délivrance, construite dans le style néo-gothique, et, passant à travers un bois de mélèzes, on contourne de profondes ravines creusées par les pluies sur le flanc de la montagne. Souvent, après de forts orages, le chemin est emporté ou complétement caché sous les pierres : pour l'empêcher de glisser dans la vallée avec les débris mouvants qui le supportent, on l'a établi sur des troncs d'arbres horizontaux enfoncés profondément dans le sol. Peu à peu le paysage devient grandiose : à chaque nouveau circuit que fait la route pour contourner les ravines, on voit à g. une nouvelle gorge étroite et remplie de sapins s'abaisser d'un jet vers la combe profonde où coule, invisible, le ruisseau de Saint Pierre. A dr. les pâturages sont cachés par de grands cirques d'éboulement que séparent des contreforts boisés. En face, la montagne est coupée à la base par l'énorme précipice de La Moutan (La Moutta), aux pentes d'une blancheur éblouissante. La roche, composée d'un calcaire friable, se délite constamment sous l'action des intempéries de l'atmosphère et s'éboule dans le Saint Pierre qui en ronge la base.
Après avoir laissé à dr., sur un plateau bien cultivé, l'église de Saint Pierre près de laquelle on montre encore les cavités de mines exploitées, dit-on, par les Sarrasins, on atteint (30mn) le sommet d'un petit col d'où l'on peut, en se retournant, voir la vallée de l'Arc depuis Bramans jusqu'aux monts de Saint Jean de Maurienne et bien distinguer au N. la dépression où passe le col de Chavière. On descend alors un peu, et l'on se trouve dans une vallée étroite, mais à peine inclinée, qui fut autrefois le lit d'un lac trés allongé. L'arête de montagnes qui retenait les eaux de ce lac a été sciée en deux, pour ainsi dire, par l'érosion constante du Saint Pierre, et maintenant ce torrent coule entre des parois perpendiculaires, à 80m en dessous du niveau primitif du lac. Les stratifications de la roche se correspondent parfaitement des deux cotés de la coupure.
Laissant ensuite à g., sur le versant opposé, le ham. de Méanche (Méranche) au dessous du vallon des Archettes qui, plus haut dans la montagne, va se réunir avec les pâturages de Bellecombe, on dépasse (10mn) les chalets de La Villette, et on longe la rive g. du Saint Pierre ombragée par quelques mélèzes. A dr. les hauteurs escarpées sont couvertes de forêt où les loups ne sont pas rares; à g. un vallon descendu de Bellecombe ouvre sa profonde échancrure verte entre deux escarpements arides; plus loin, sur le même versant oriental, les énormes talus d'éboulement des Sarles (ardoises) s'arrondissent comme des grands contre- forts à la base des monts;
Au dela de (20mn) La Thuile, situé un peu à droite de la route, on franchit sur un pont de bois le ruisseau d'Etache ou d'Etiache, qui prend sa source au col du même nom. Il faut environ 2h1/2 pour monter de La Thuile au col d'Etiache, et 2h1/2 pour descendre par des rochers trés abrupts du col au v. de Rochemolle. Ce passage est difficile; cependant, les mulets peuvent le franchir dans la belle saison.
La Tourne (10mn) et Planay (5mn), que l'on atteint en traversant le ruisseau de Saint Pierre sur un pont de bois, se succèdent ensuite. C'est à ce dernier hameau, situé à 1h55mn de Bramans, que cesse la route des chars; au dela commencent les sentiers de montagnes. On gravit d'abord un chemin trés pierreux ombragé çà et là par quelques mélèzes, et bordé de cabanes dont les toits sont formés d'épais blocs de gneiss, et l'on passe à travers de maigres pâturages en pente semés d'énormes rochers, et sans cesse menacés par les escarpements effroyables de la Frette (La Fesse). Bientôt, on arrive à la base d'un contre fort trés élevé qui se dresse à l'E. en travers de la vallée; on gravit par les nombreux lacets du chemin pierreux, on laisse à g. le sentier encore plus fatiguant du Petit Mont Cenis, et l'on continue à suivre la direction du S.E. Après 1h1/2 (5h25mn) d'une ascension pénible, on atteint enfin le sommet du contre fort qui reliait autrefois le massif du Mont Cenis à celui du Mont Ambin et retenait toutes les eaux supèrieures. Jadis, toute la vaste région circonscrite entre les cols d'Ambin, de Galambre, du Clapier et du Petit Mont Cenis, était occupée par des lacs dont on ne voit plus que de faibles restes; la masse énorme, large de plus d'un kilomètre, qui séparait comme une muraille la plaine et la région lacustre, a été graduellement érodée par les cascades du ruisseau de Saint Pierre.
Du sommet du versant, on voit à g. le Mont Ambin (3384m), tout couvert de glaciers, se dresser au fond d'une gorge latérale; en face, au milieu des paturages, apparaissent les chalets des Grandes Savines (10mn) (nommés aujourd'hui les Granges de Savine), dominés à g. par des rochers escarpés derrière lesquels s'étend le Lac Blanc entouré de neiges pendant une grande partie de l'année. En se retournant, on aperçoit les glaciers de Modane.
Des Grandes Savines au col d'Ambin par les baraques d'Ambin (ces baraques d'Ambin étaient situées aux environs du refuge actuel) . Montée trés roide (raide) à travers les glaciers, descente sur Rochemolle. Ce col n'est pratiqué que des chasseurs. Par la même gorge on peut aussi atteindre un autre passage toujours obstrué de neiges éternelles. C'est le col de Gallambre (3109m) que dominent à l'est les escarpements du Mont Ambin (situé derrière la Pointe Sommeiller ce col permet l'accés à Exilles par le vallon de la Galambra. Un refuge portant le même nom a été érigé à proximité); de ce col on descend à Exilles par les chalets de Veraire.
Au dela, l'ascension du col n'offre plus aucune difficulté. La vallée supérieure dans laquelle on pénètre est doucement inclinée, en plusieurs endroits presque horizontale; peu de rochers y sont épars, et les nombreux sentiers de brebis qui la parcourent remontent à travers le gazon. Peu de vallées ont une forme aussi régulière : on dirait que les montagnes qui la bordent à dr. et à g. offrent de la cime à la base une courbe arrondie en un quart de circonférence parfait; du reste, pas un arbre n'interrompt la monotonie des paysages; en arrière La Fredde semble fermer la vallée.
En 1h de marche (6h35mn) on atteint un versant pierreux à travers lequel le torrent descend en cascatelles, et l'on se trouve sur le bord du Lac Noir (lac de Savine ?), simple étang dont la hauteur varie suivant les saisons. Il est dominé à l'O par un contre fort du Mont Ambin, à l'E par Le Bard montagne en ruines où brille çà et là quelques champs de neige. Deux ilôts de pierre se montrent au milieu de ses eaux noirâtres. On en longe la rive dr. pendant 10mn (6h45mn) puis, tournant à dr., on traverse une large surface couverte de sables et parcourue par des ruisselets au cours incertain. On laisse à g. un petit lac parfois à sec, pour monter à une petite échancrure entre deux mamelons arrondis (15mn; 7h) : c'est le col du Clapier ou de Clairée, haut de 2000 à 2500m. En prenant un peu à dr., à travers des rochers escarpés et dangereux, on arrive au col de Thouille (2128m) descendant sur Exilles.
De l'autre coté du col du Clapier, on entre d'abord dans un petit cirque couvert de débris, et l'on suit une combe dominée à dr. par les glaciers du Clapier, à g. par une roche perpendiculaire. De gros tas de pierres, souvent recouverts de neige, indiquent la route à suivre, et, par un beau temps, on peut facilement atteindre en une demie heure (7h1/2) le Plan du Clapier, petit bassin de pâturages que traverse le ruisseau de Clairée descendu des glaciers de dr., et que limitent au S. d'effrayants précipices. A dr., près du torrent, se montre le chalet des Petites Savines.
Du sommet de l'escarpement en apparence infranchissable, sur le bord duquel on se trouve ensuite, on contemple un grand et beau panorama. En bas, à plus de 1000m de profondeur, sous la roche qui semble surplomber, se creuse, comme au bord d'un gouffre, le vallon de La Clairée rempli de petits bois et de hameaux épars. Au delà, sous la montagne arrondie de Chaumont, s'étend la vallée d'Exilles. A dr., se dressent les montagnes de Thouille et de Quatre Dents, percées par le remarquable aqueduc du trou de la Thouille, tandis qu'à g., par dessus le Toublan, où l'on voit les ruines d'un ancien fort, le regard s'étend dans les plaines du Piémont jusqu'a Turin et à la Superga.
Laissant à dr. le torrent de la Clairée qui plonge dans la vallée par une succession de cascades, on tourne à g. et l'on arrive à l'escalier du Clapier, seul passage par lequel on puisse tenter la descente. C'est bien, en effet, un espèce d'escalier tournant rudement, taillé dans une crevasse de schiste. Au dessous, commence un sentier, roide (raide), pierreux, bordé à dr. de profondes ravines. Il passe à coté du chalet du Bonhomme, construit sur une petite terrasse, puis, contournant des rochers, dans les crevasses dequels les noisetiers et les genevriers implantent leurs racines, il débouche enfin dans le fond supérieur de la vallée, formé par des avalanches de débris et recouvert d'un léger gazon. La déclivité du sol y est encore assez forte, mais, après la descente du Clapier qui dure environ 1h30mn (9h), on se croirait presqu'en plaine. En regardant en arrière, on s'étonne d'avoir pu descendre les parois d'un pareil précipice.
Le col du Clapier est, dit M. WILL, l'un des passages difficiles par où les Vaudois, en 1687, retournèrent dans leurs vallées, sous le commandement de leur pasteur Henri ARNAUD. Après avoir pénétré dans la Savoie supérieure, ils avaient franchi le col du Bonhomme pour descendre dans la Tarentaise, ils étaient entrés dans la vallée de l'Arc par le col d'Iseran, puis dans celle de la Clairée par le Mont Cenis, le Petit Mont Cenis et le col du Clapier. Repoussés près de Giaglione par les troupes du Duc de Savoie, ils avaient dû rebrousser chemin et passer le col de Thouille. De là, descendant sur Salbertrand, ils remportèrent sur leurs ennemis une victoire signalée.
On traverse un affluent de la Clairée au hameau de Molarin ou Molaret, construit au milieu des rochers dont plusieurs servent de parois aux maisons, puis, laissant à dr. sur l'autre versant les chalets de Bouteiller, on quitte (8mn) la rive g. de la Clairée et l'on suit un aqueduc qui s'en sépare pour aller arroser, à une lieue de là, les champs et les prairies de Giaglione. En plusieurs endroits, le flanc de la montage que longe l'aqueduc est tellement escarpé qu'il a fallu tailler un canal dans le roc. Une muraille, dont la base est cachée sous les ronces et sous les noisetiers, consolide le terre plein de soutènement. De distance en distance, de petites vannes, ménagées à travers le mur, laissent échapper l'eau dans les jours de trop grande abondance. "Quand, du fond de la vallée, fortement inclinée du coté du S., on voit à plusieurs centaines de mètres de hauteur l'aqueduc attaché aux flancs du rocher, on dirait qu'il gravit la montagne et que l'eau monte vers Giaglione".
En continuant à longer le canal on tourne à g. autour d'un contrefort de la montagne et l'on cesse de voir le fond boisé de la Clairée. Les Quatre Dents et le Brunier, dont la cime ronde et boisée est couronnée d'une chapelle, restent en arrière, et l'on commence à distinguer à g. le plateau couvert de mélèzes connu sous le nom de Truc de Giaglione. A dr., vers l'extrémité de la vallée d'Oulx, on aperçoit le sommet du mont Chaberton. En face se dresse la montagne bleuâtre où se montre l'échancrure du col de la Fenêtre. Après avoir traversé un beau plateau cultivé et ombragé de magnifiques noyers, on arrive à une petite descente d'où le regard s'étend sur le bassin de Suze, dominé au N. par Rochemelon, dont la pointe apparait, de ce coté, sous la forme d'un double cône. On atteint enfin 1h (10h8mn) la grand route du Mont Cenis et 7mn (10h15mn) après, on entre au village de Giaglione.
1h de Giaglione à Suze. Il est 11h15mn. Le trajet Bramans / Suze par le col du Clapier s'est donc fait en 9 h et 15 mn.